Les films glauques et moi: une addiction problématique. (et quelques recommandations)
I: LA GENESE

La drogue, c’est mal.
Un jour, quand j’avais environ quatre ou cinq ans, j’ai été initié aux films glauques par mes parents, sans avoir rien demandé. Mes géniteurs étant des gens cultivés et ouverts d’esprit, ils ont décidé de glisser “La planète sauvage” entre deux Disneys. Dessin animé de science fiction réalisé 1973 par des gens qui devaient lourdement être sous drogues, La Planète Sauvage met en scène, entre autres, des géants bleus avec des coquillages à la place des oreilles pour qui les hommes sont de minuscules parasites (un peu comme des fourmis), des bestioles immondes sorties de vos pires cauchemars, des paysages hyper dérangeants (genre un désert avec que des vers de terre géants), un génocide, une bande originale ultra flippante, bref, que du bonheur.
Après je vais pas vous mentir, j’ai vu ce truc environ vingt fois avant de me rendre compte d’à quel point c’était immonde. Et puis un jour j’ai un peu capté que regarder des hommes se faire buter à l’insecticide ou avaler par des grosses chauves souris c’est pas hyper pédagogique. De ce fait, après quelques cauchemars, j’ai décidé de ne plus poser les yeux sur ce film avant au moins dix ans. Hélas, le mal était fait, et je me retrouvais emportée dans la spirale infernale des films glauques sans pouvoir en sortir.
II: LE CHEMIN DE CROIX
Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été une enfant un peu morbide. En grandissant, j’ai commencé à m’intéresser à tous les films de la bibliothèque familiale qui ne m’étaient pas destiné. J’ai donc dû employer cette technique d’enfant sournois que nous connaissons tous: sitôt que j’étais seule à la maison, je regardais un ou deux films prohibés avec cette vague angoisse d’être surprise à tout moment. J’ai risqué moult punitions pour les films glauques.
Rien de ce que j’ai pu voir ne m’a franchement traumatisée durant cette période, je me suis juste découvert une passion pour Cronenberg. Enfin, non, j’ai aussi vu Requiem for a dream et j’ai un peu vomi sur mes pâtes.
Ainsi, ce n’est qu’en arrivant au doux âge de quinze ans que j’ai enfin pu échapper au contrôle parental et me lancer pleinement dans la culture du glauque et de l’improbable, pour le meilleur et pour le pire.
III: LA RENAISSANCE
Je suis maintenant une semi pointure en films glauques (je n’oserais affirmer que je suis une pointure totale, je suis encore jeune et novice), du moins c’est ce que dise mes potes. J’ai une haute tolérance pour tout, de l’inceste à la purulence, je peux tout voir sauf les viols. Je me suis donc dit qu’il fallait que je fasse profiter de mon expérience avec ce petit top 4 (pas dans l’ordre) des films glauques qui ont marqué ma vie.

1: Antiviral
Un classique personnel.Dans un futur proche, le culte des célébrités est allé tellement loin qu’on peut se faire inoculer les maladies de sa star préférée (on peut même manger de la viande reconstituée à partir de ses cellules) (+10 point pour le bonus cannibalisme). Que des couleurs ternes genre gris, blanc, bleu pâle, en fait y’a que le sang qui ressort (il y a beaucoup de sang dans Antiviral), tout le monde a l’air malade, on comprend rien de ce qui se passe. J’adore ce film. Franchement le concept est très intéressant, la mise en scene est cool, l’ambiance est anxiogène à souhait, c’est le genre de cinéma un peu hypnotisant et malsain que j’aime bien. Regardez Antiviral. Ne serait ce que pour Caleb Landry Jones qui est absolument fantastique en grand névrosé malade, s’il y avait une justice dans ce monde il aurait été nominé aux oscars pour cette performance.On y trouve: du sang, des seringues, des grosses hallu bizarres, du sang, des fleurs, du vampirisme, du complot, de l’herpes stylisé.Note de glauquitude: 10/10, Note de malaise: 9,5/10, Note d'esthétique: 10/10

2: Brothers of the head
Un autre classique personnel ft Harry et Luke Treadaway aka “princes des films glauques vaseux que j'affectionne beaucoup”. Ce film est un faux documentaire sur des frères siamois qui se retrouvent embarqués dans un groupe de rock dans les années 60. (ce que j’aime avec les films glauques c’est l’inventivité des scénarios, on ne s'ennuie jamais). C’est très laconique mais en même temps il y a une ambiance et une profondeur assez dingues. C’est le genre de film qui vous laisse soit complètement perplexe soit complètement traumatisé. J’ai chouiné à la fin.On y trouve: des beaux garçons avec de l’eye liner, de la bonne musique, de la tragédie familiale, des la haine, de l’amour, de la violence, de la drogue, de l’inceste.Note de glauquitude: 8/10, Note de malaise: 10/10, Note d’esthétique: 7/10

3: Island
Ce film a mis 3 jours à se télécharger, c’est dire à quel point il est populaire). Je suis tombée dessus en faisant la filmographie complète de Colin Morgan (je travaille principalement en filmographie par acteur/actrice, ça m’a permis de découvrir beaucoup de films très biens sous un extérieur de greluche). Ce film est très glauque. Je ne sais même pas si je le recommande vu qu’il est quand même un peu mal ficelé, qu’il y a beaucoup de malaise et que l'actrice principale a une voix insupportable. Cependant, Island garde tout de même une petite place dans mon coeur à cause de l’ambiance, des personnages et de la photo. Ce film est super joli, les paysages trempés de la petite île écossaise, la maison pleine de bouteilles vides et de bric à brac d’objets, ça rajoute un coté féérique-surnaturel à cette histoire lacunaire et glauque. On reste un peu sur sa faim mais y’a de l’idée et des belles performances. En fait c’est juste la fin qui est un peu nulle + il y a un semi viol, ça je cautionne pas.On y trouve: Du folklore, des contes de fée, des phoques, de la violence, de l’amour, encore de l’inceste.Note de glauquitude: 9/10, Note de Malaise: 20/10, Note d’esthétique: 10/10.

4: The Holy Mountain
Le meilleur pour la fin. Alors là, c’est l’équivalent filmique de La Planète Sauvage en 5x pire. Y’a même pas vraiment d’histoire, c’est juste un gros trip d’acide.J’ai regardé The Holy Moutain durant un long voyage en TER et tout le long je me suis demandé: pourquoi ? C’est un classique, c’est sur, et je suis persuadée qu’en lisant des essais dessus j’arriverais à voir la profondeur cachée de ce film, par contre le premier visionnage est sacrément rude. C’est un peu comme les surréalistes ou le dadaisme, tu sais que c’était pour se rebeller contre la société et les diktats de la culture, mais ça reste quand même un peu trop violent pour ton esprit formaté au capitalisme.On y trouve: des chiens écorchés christiques, une secte, un voyage initiatique, un guerrier qui collectionne des testicules, un génocide (encore), des exécutions publiques, une femme nue recouverte de mygales (…)Note de glauquitude: 100/10, Note de malaise: 1245755435354/10, Note esthétique: 8/10
Voilà, j’ai beaucoup d’autres films glauques sous mon chapeau mais ceux là ont une place particulière dans mon cœur ou sont juste si peu connus qu’il fallait les mentionner. J’espère vous avoir donné envie d’en regarder quelques uns.
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